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À chacun son propre RER
Aux dires de certains experts, le RER devrait être constitué uniquement de placements portant intérêt, le revenu qu’ils procurent étant entièrement imposable dans un compte ordinaire ; les actions et les fonds d’actions devraient être conservés à l’extérieur du régime, comme les gains en capital et les dividendes de source canadienne bénéficient d’un allégement fiscal. D’autres insistent pour que les épargnants versent des titres de participation à leur RER étant donné qu’ils sont susceptibles d’afficher la plus forte croissance à long terme.
Si vous pouvez vous permettre d’avoir un RER et un compte ordinaire, vous devriez les gérer comme un seul et même portefeuille en vous inspirant de la répartition de l’actif recommandée chaque trimestre par nos spécialistes. Ainsi, vous pouvez conserver vos titres portant intérêt dans votre RER pour les mettre à l’abri du fisc et placer vos titres de participation dans votre compte ordinaire, les gains et les dividendes étant moins imposés que les intérêts. Cependant, si votre RER constitue le gros de vos avoirs financiers, les questions de fiscalité perdent de leur pertinence ; en pareil cas, vous devriez plutôt vous concentrer sur des placements RER qui vous permettront d’obtenir le meilleur rendement possible compte tenu de votre tolérance au risque.
Vous devez également tenir compte de votre situation financière globale. Par exemple, si vous avez investi une bonne part de votre patrimoine dans votre entreprise, vous avez déjà un " titre de croissance ". Par conséquent, vous devriez gérer votre RER avec prudence afin de faire contrepoids au risque financier inhérent à votre entreprise. En revanche, si vous participez à un régime de pension à prestations déterminées, vous avez en quelque sorte déjà investi massivement dans des titres à revenu fixe ; en pareil cas, vous auriez intérêt à gérer votre RER de façon plus dynamique en misant sur des placements de croissance, par exemple des actions, des fonds d’actions et des obligations à long terme.
La notion de risque
Le « risque » est aussi une notion toute relative qui varie en fonction de l’horizon de placement, c’est-à-dire du temps qui reste avant que vous ayez besoin des fonds. À court terme, la volatilité des marchés est certainement le plus grand risque auquel vous puissiez être exposé. En effet, la valeur de votre épargne-retraite peut diminuer momentanément par suite des fluctuations du cours de vos actions et de vos obligations. Toutefois, dans une perspective à long terme, l’inflation constitue le risque le plus important, puisque d’année en année, elle érode le pouvoir d’achat de vos épargnes. Donc, à court terme, vous devriez opter pour des placements garantis afin de protéger votre capital. Si vous n’avez pas besoin de vos fonds avant de nombreuses années, vous devriez généralement vous tourner vers des placements de croissance afin de contrer les effets de l’inflation. L’important, c’est de bien définir son horizon de placement.
Évidemment, plus vous êtes jeune, plus vous devez investir dans des titres de croissance – et plus vous pouvez vous le permettre. Suivant le même raisonnement, à l’approche de la retraite, vous devriez investir dans des titres peu risqués et très liquides. Mais il ne faut pas oublier que la personne qui prend sa retraite à 65 ans a encore au moins 20 ans devant elle, ce qui, sans contredit, est un horizon à long terme. Par conséquent, même le retraité devrait conserver une partie de son actif sous forme d’actions afin de se protéger de l’inflation. Voilà une autre raison d’opter pour le RER autogéré.
En effet, il est possible de convertir ce type de RER en fonds de revenu de retraite (FRR) autogéré sans modifier la composition de l’actif. Cependant, une mise en garde s’impose si vous voulez convertir votre RER en rente viagère. En pareil cas, votre horizon de placement correspond alors au temps qui reste avant la date prévue de la conversion. À l’approche de la conversion, il est recommandé d’investir dans des placements à court terme afin de minimiser le risque lié à la volatilité des actions et des obligations.
Vous êtes peut-être un peu craintif à l’idée de vous occuper vous-même de votre RER autogéré, particulièrement si vous avez peu d’expérience en la matière. Mais rappelez-vous que vous êtes en de bonnes mains. Votre conseiller en placement est là pour vous aider à élaborer une stratégie personnalisée, adaptée à votre situation, à vos moyens et à vos objectifs, afin de vous assurer le meilleur avenir financier qui soit.
«Les fonds de capital de risque de travailleurs ont actuellement la cote auprès des titulaires de RER en raison du crédit d’impôt qu’ils procurent. Ce dégrèvement, qui varie de 15 à 35% du prix d’achat selon la province, s’ajoute à la déduction fiscale que permet le RER. Vous êtesvous déjà demandé pourquoi ces produits bénéficiaient d’un traitement fiscal aussi généreux? L’État tient ainsi à vous compenser pour avoir fourni du financement à risque à même votre épargne-retraite. Ce genre de fonds s’adresse aux investisseurs qui ont les nerfs solides. Ne vous laissez donc pas séduire par les crédits d’impôt et assurez-vous que vous savez exactement dans quel type de fonds vous investissez avant de vous engager. De plus, ces crédits d’impôt peuvent facilement être gaspillés, car vous recevez ou conservez l’argent uniquement lorsque vous produisez votre déclaration de revenus. Si vous achetez des parts d’un fonds de capital de risque de travailleurs, investissez le crédit d’impôt, idéalement dans un placement plus prudent de manière à faire contrepoids au risque inhérent au fonds.»
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