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Financière Banque Nationale honorée lors de l'inauguration de l'école au Sri Lanka
5 mars 2006
Thirukkovil, Sri Lanka
Par Adrian Horwood
Premier vice-président
Marketing et communications
Pour tous les employés de la Financière Banque Nationale, le 5 mars 2006 demeure une journée dont nous
sommes très fiers. En mai 2005, nous nous engagions à reconstruire une école
au Sri Lanka, ce pays dévasté par le tsunami. Le 5 mars dernier, grâce à
notre appui financier et à l’excellent travail des bénévoles, l’école a
ouvert ses portes.
On m’avait demandé de représenter l’entreprise à l’inauguration de la
nouvelle école au village sri-lankais de Thirukkovil, dans la région du
Kumara. J’étais accompagné de Bob Webb, conseiller en placement de Chatham
en Ontario, dont le nom avait été tiré au sort pour représenter les nombreux
employés qui avaient effectué des dons l’an dernier en vue d’appuyer cette
noble cause.
Dans la chaleur torride du milieu de la matinée, notre délégation arriva sur les lieux en fourgonnettes, que nous avons garées sur le chemin non pavé pour assister aux cérémonies. Parmi nous figuraient des représentants d’Enfants libres (Craig Kielburger, président; Lloyd Hanoman, directeur des opérations au Sri Lanka), du gouvernement du Canada (Rachel Bedlington, haute-commissaire; Christina Préfontaine, consule, Affaires publiques et politiques; Calvin Piggott, directeur chargé des efforts pour venir en aide aux victimes des tsunamis).
La Financière Banque Nationale et ses employés ont donné plus de 700 000 $
pour les enfants du Sri Lanka. Enfants libres est l’organisation canadienne
non gouvernementale qui a géré le projet.
Trois collégiennes du Canada, la Montréalaise Fanny Melo et les Torontoises Sally Hakim et Emma Maxim, étaient aussi présentes, car elles participaient au programme de développement du leadership d’Enfants libres à l’intention des étudiants canadiens.
Au village, l’enthousiasme et la joie étaient palpables. Des écoliers se sont précipités pour parer de colliers de fleurs fraîches les invités du Canada. Une fanfare s’est avancée, a fait un salut et mené la procession de Canadiens, de dignitaires locaux et d’enfants souriants le long de l’étroit chemin de terre, pendant que d’autres enfants lançaient pétales de fleur et grains de riz aux invités, comme on le fait pour un mariage. Des scouts ont salué la foule, dans une explosion de feux d’artifice.
Après une pause pour la cérémonie de bénédiction avec de l’encens, nous nous sommes avancés pour dévoiler la plaque commémorative, devant un rassemblement de quatre cents villageois. Le ruban a été coupé, la lampe à l’huile, allumée comme le veut la tradition, et nous nous sommes rendus sur le terrain de la nouvelle école.
La vie des gens de Thirukkovil est difficile. Kumara est une région pauvre qui tire sa subsistance de la pêche et de la culture du riz. Il n’y a aucune industrie et peu de tourisme dans ce coin éloigné du pays situé à neuf heures de route de Colombo, la capitale. Une guerre civile a fait rage dans la région pendant vingt ans. Le 26 décembre 2004, le tsunami a détruit le
peu de ressources dont disposait le village. Neuf mille personnes sont mortes ce jour-là au Ampara, presque le tiers des victimes du pays entier. Trois mille des 45 000 habitants de Thirukkovil ont perdu la vie. Il est
difficile de saisir l’ampleur des ravages subis dans la région et dans ce
village en particulier. Beaucoup de survivants ont perdu tout espoir.
Aujourd’hui, la reconstruction est en cours et bien des débris ont été
enlevés, mais la tâche est encore énorme. Beaucoup vivent encore dans des
abris temporaires. L’infrastructure a été réparée sommairement mais n’a pas
été reconstruite. Notre école est l’un des premiers grands projets à être
complétés.
Avant le tsunami, l’école primaire de Kumara était l’une des plus mal en
point de la région. La minuscule école de 186 mètres carrés était connue
sous le nom d’« école des mendiants » à cause de l’extrême pauvreté des villageois qui y envoyaient leurs enfants, dont la plupart gagnaient aussi peu que 100 $ par année. Elle ne disposait que de deux tableaux noirs pour cinq classes. Le tsunami l’a ravagée, mais heureusement, comme il a frappé un dimanche, l’école était fermée.
 L’architecte chargé de la reconstruction, le professeur Vidura Sri Nammuni, expliquait que la nouvelle école présente un contraste frappant avec l’ancienne. Chef du département d’architecture de l’Université de Moratuwa et ancien président de l’Institut d’architecture du Sri Lanka, il a supervisé tous les aspects du projet, de concert avec Lloyd Hanoman
d’Enfants libres. La reconstruction de cette merveilleuse école, terminée à
temps et en respectant le budget, est toute à leur honneur, et leur fierté
est manifeste.
Très modeste selon les standards nord-américains, l’école est un modèle de
design architectural. Bien que fonctionnelle et dotée d’une solide
structure, elle est peu coûteuse. Inspirés du concept de l’apprentissage axé sur l’élève, les classes et l’environnement extérieur sont reliés par une série d’espaces couverts tels que des vérandas, des salles de réunion ou des salons, qui facilitent l’apprentissage formel et informel. L’effectif initial sera d’environ 200 élèves et devrait doubler d’ici douze à quinze mois.
Mesurant 1 023 mètres carrés et formée de quatre bâtiments, l’école est cinq fois plus spacieuse que l’ancienne structure; c’est maintenant la plus grande de toute la côte est du pays.
Le bâtiment le plus important comporte deux étages, le deuxième s’élevant à un peu plus de sept mètres, au cas où un autre tsunami devait un jour se déchaîner. Il est construit sur le site de l’école initiale, qui occupe tout le premier étage. Certaines parties de l’ancienne structure servent maintenant à l’entreposage, mais elles ont aussi été conservées pour ne pas oublier ce qui s’est passé. Une grande section est
réservée pour des séances d’apprentissage, des discussions ou des activités villageoises. Le deuxième étage abritera la salle des ordinateurs.
Il s’agit de la première école primaire de la région à intégrer les études informatiques à son programme, les ordinateurs étant fournis par une entreprise de Washington, Counterpart International.
Les trois autres bâtiments logent dix-sept classes et des salles réservées à
la musique, à la danse, à l’art et aux sciences, une ludothèque et une
bibliothèque. Les classes faisant 58 mètres carrés sont plus grandes du
quart qu’une classe ordinaire du primaire, au Sri Lanka. Les plafonds hauts et isolés, et les vastes fenêtres à persiennes des salles peintes en blanc laissent une impression aérée, de clarté et de fraîcheur. Le gouvernement
local est tellement fier de l’école qu’elle servira dorénavant de modèle
pour la construction d’autres écoles dans le pays.
Les enfants avaient déjà décoré les classes. Nous étions surpris et ravis d’apercevoir des affiches dessinées par de jeunes Ontariens de Denville, qui les avaient envoyées aux Sri-Lankais par solidarité après le tsunami. Ils nous ont donné quantité de lettres à remettre aux nombreux enfants canadiens qui leur avaient écrit. Ils avaient même décoré le plancher d’une classe de grains de riz colorés pour former notre logo, celui d’Enfants libres et le drapeau canadien.
À côté de l’école, on a aménagé un terrain de jeu et un terrain de cricket. Les Sri-Lankais raffolent de ce sport et le fait d’avoir un terrain de cricket à l’école est un bon moyen de s’assurer qu’ils y viendront. Il y aura aussi un jardin où les enfants pourront apprendre à cultiver des légumes.
La construction possède une caractéristique technique importante, soit une structure d’acier inoxydable conçue pour durer pendant plusieurs
générations. L’humidité d’un environnement marin tropical met souvent à l’épreuve l’acier ordinaire et le fait rouiller rapidement. Ce système pratique est ainsi conçu que dans l’éventualité d’une autre catastrophe naturelle, les murs peuvent être remplacés sans devoir assumer le coût de remplacer les éléments structurels.
Dans la région de la côte est, on retrouve une société rurale traditionnelle et conservatrice, constituée d’un mélange de musulmans et d’hindous. Le projet a rassemblé les Tamouls hindous de Thirukkovil et les administrateurs musulmans de Pottuvil, située plus au sud. La population largement illettrée n’accorde pas toujours une très grande importance aux études, encore moins pour les filles. Enfants libres a dû combattre de nombreux préjugés pour convaincre les autorités locales de nommer un personnel enseignant entièrement féminin. Les petites filles sont plus susceptibles de s’inscrire à l’école et d’y demeurer si l’enseignement est donné par des femmes. Le résultat est étonnant : quelque 60 % des élèves de cette école sont des filles.
Environ quatre cents villageois s’étaient entassés sous la structure de fibre de verre ondulée, érigée pour les discours. Les nombreux orateurs étrangers et locaux ont pris place sur une plate-forme diamétralement opposée sous un toit similaire, ce qui n’a pas empêché ceux d’entre nous qui se trouvaient dans la première rangée d’être trempés sous une pluie torrentielle, puis séchés par un vent tropical et par le soleil du midi.
Il y eut de nombreux discours prononcés par des fonctionnaires du ministère de l’Éducation, par le directeur de l’école, par le maire – et par des élèves, qui ont aussi chanté et exécuté des danses hindoues traditionnelles. Tous ont exprimé leur gratitude et se sont répandus en éloges à l’endroit de la Financière Banque Nationale et d’Enfants libres.
Nous avons amassé suffisamment de fonds pour pouvoir construire l’école et déposer un montant en fidéicommis afin que nos efforts soient poursuivis. Le programme continu comprendra trois volets. Le premier consistera à financer le maintien des programmes de base, comme l’approvisionnement en fournitures scolaires. Le deuxième programme en sera un d’intervention en soins de santé qui enseignera aux parents à prendre des mesures préventives de base pour préserver la santé des enfants et réduire l’absentéisme, comme la prévention des maladies hydriques, par exemple. Le troisième est un programme de microfinancement établi avec l’appui du gouvernement du Canada. Les enfants sont souvent privés de l’école afin d’aider à subvenir aux besoins de la famille. Ce programme permettra aux parents de gagner un revenu suffisant pour envoyer leurs enfants à l’école.
Nous pouvons être immensément fiers de ce que nous avons accompli au Sri Lanka, grâce aux dons généreux de plusieurs d’entre vous, et à l’appui financier de la Financière Banque Nationale. Notre école est un symbole d’espoir pour ce village qui avait presque tout perdu. Comme le déclarait Craig Kielburger aux cérémonies, « la Financière Banque Nationale redonne aux élèves et aux parents leur autonomie par le biais de l’éducation. La Financière Banque Nationale montre la voie de la responsabilité sociale aux entreprises, et redonne à la société en investissant dans l’avenir ».
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